Partager l'article ! COMPTE RENDU DE VOYAGES EN 2007: ...
Voyage du 28 septembre au 5 octobre 2007
Vendredi 28 septembre à 21 h, je suis dans l’avion qui s’envole vers Chisinau avec une petite escale à Londres.
Arrivée en Moldova avec une heure de retard, j’arrive vers 4 heures du matin chez la famille Mahu. Anatole (le papa) m’attendait à 2h30 à l’aéroport et il a dû patienter une heure.
Arrivée à la maison, Ludmila (la maman) et leur garçon Valentin dormaient et c’est en silence que je me suis glissée dans la chambre afin d’y dormir quelques heures.
Samedi 29 à 9 h
Ludmilla et Valentin sont déjà dans le jardin à récolter les tomates et concombres.
Je vais les rejoindre et nos retrouvailles sont très chaleureuses. Ma dernière visite date de juillet mais nous avons toujours beaucoup de joie à nous retrouver. Valentin comme toujours est très attentionné ; il m’offre quelques roses de son jardin. Nous rentrons pour prendre le petit déjeuner. Ludmila fait de plus en plus de progrès en français (sa fille Ana qui a été opérée du cœur en 1996 est actuellement à Paris où elle étudie à l’université de Créteil, en 2ème année de droit juridique international).
Notre petit déjeuner est interrompu par de nombreux coups de téléphone.
C’est Anatole qui m’emmène et il reviendra me chercher à 19 h avec Stela qui est venue d’Horesti (25 km de la ville de Chisinau) en minibus.
A 22 h chacun va prendre du repos car le lendemain dimanche commencent les démarches dans le Sud du pays.
Dimanche 30 vers 9h30 nous chargeons la voiture avec les 5 petits paquets que j’avais préparé le samedi matin pour que dans chaque visite les enfants aient un petit quelque chose (infusions, bonbons, chocolats, quelques produits d’hygiène, chaussettes, pull, bonnet, « tricots main » et bananes acheter au marché.)
Vers 11h nous arrivons chez Igor à Ciobruciu qui nous attend, avec son vélo, au bout du chemin et cela depuis tôt ce matin .
Malgré sa maladie Igor essaye d’exprimer sa joie, il laisse tomber son vélo et fait quelques pas vers la voiture Son visage est d’un bleu noir mais ses yeux bleus expriment l’enthousiasme que provoque notre venue. Nous l’invitons à monter dans la voiture et il est fier de montrer à ses copains que "la française" est venue le voir chez lui.
Il parle beaucoup et cela est bien car il peut exprimer sa souffrance. Comme il a apprit à lire, à écrire et à compter (une institutrice du village vient deux fois par semaine pour l’encourager à s’instruire), il apprend donc des poésies et il se fait un plaisir de nous réciter son répertoire.
Igor est également fier d’accompagner son papa qui chante dans les mariages, banquets, baptêmes etc… Il est même très apprécié quand il chante en solo ; c’est un valeureux petit garçon qui, malgré le handicap de sa maladie, a de l’audace pour réussir ce qu’il entreprend.
A 13h nous arrivons chez la famille Culceco. Micha leur fils qui en 1996 avait été opéré du cœur en France a survécu pendant 2 ans, mais suite à une erreur médicale du médecin du village, Micha est mort dans d’atroces souffrances. Après le décès de leur garçon nous avions pensé que nous ne garderions pas le contact avec cette famille, mais ils ont fortement émis le désir de nous voir à leurs côtés. Au cours des années les liens se sont tissés et chaque année ils nous attendent avec impatience. Cela est devenu un besoin chez eux. Nous avons accompagné la maman pour qu’elle puisse faire le deuil de son enfant et avons suivi l’évolution de la famille. Aujourd’hui leur fille est mariée et a un petit garçon de 9 mois. Le plus grand des garçons est à Moscou pour y travailler et le plus jeune continue ses études.
A 14 h nous allons chez Marina à Stefan Voda quoique la famille nous attendait ils sont tous partis dans un village à quelque kms de leur appartement. Nous téléphonons et nous sonnons chez la voisine qui nous informe que la famille attendait des Français mais ne sait pas pourquoi ils n’ont pas attendu Finalement, nous convenons de faire deux autres visites dans d’autres villages et de revenir chez eux quand nous aurons terminé.
Nous roulons sur des chemins de terre pour arriver assez rapidement dans le village de Ermoclia où deux familles nous attendent.
Que peut-on dire à une maman quand on sait qu’il n’y a rien à faire pour son enfant ?
Nous pouvons porter des vêtements chauds, donner de l’argent pour se chauffer cet hiver ou encore nous joindre à la prière du médecin et de ceux du village afin que Dieu intervienne dans la vie de ce petit être sans force.
A 6 mois elle a eu un contrôle et un trou s’était refermé et l’autre a diminué. Le cardiologue pense qu’il n’y a pas besoin d’opération, le deuxième trou devrait se refermer de lui même.
Nous quittons le village vers 16 h et essayons de reprendre contact avec la famille de Marina. Mais la famille n’est toujours pas de retour. Alors nous décidons de terminer les visites et reprenons le chemin de retour.
Lundi 1er octobre :
Frances et son mari Olivier accompagné de Stelian notre coéquipier de Bucarest doivent nous rejoindre dans l’après-midi.
Quelques visites en début d’après-midi pour préparer les rencontres avec les notables du village (maire, pop, médecins). Stela me fait visiter la pièce que le chef du dispensaire met à la disposition de l’association pour déposer les sacs de vêtements, chaussures, matériels d’hygiène, jouets ect….qui viennent de notre association en France. Ce dispensaire est au centre du village, ouvert au public.
Ce sont des retrouvailles autour d’une table garnie des produits du jardin. Georges reprend le chemin de sa maison et nous nous disons à demain 7h30 (du matin) pour visiter le lieu de son travail.
Mardi 2 octobre après une nuit réparatrice nous nous préparons pour faire une visite à l’emplacement du travail de Georges et ses ‘’tractoristes’’. Georges vient nous chercher avec son camion avec lequel nous partons distribuer de chemises à des ouvriers agricoles.
A 9 h on revient chez Stela pour prendre un petit déjeuner.
A 9h30 les hommes (Mihai, Stelian et Olivier) vont donner à manger aux poules et visiter le deuxième jardin.
Nous les femmes (Stela, Frances et moi-même) allons au centre du village pour faire une distribution de vêtements et visiter le jardin d’enfants.
A 10 h nous sommes au rendez-vous et à 12h nous allons visiter le jardin d’enfants emportant avec nous un grand sac de pulls, bonnets, écharpes, chaussettes, etc.
15 h c’est l’heure de continuer nos visites au village. Sur le chemin beaucoup de personnes nous remercient les mamans surtout sont très reconnaissantes que nous ayons pourvu aux vêtements chauds pour leurs enfants pour cet hiver.
17 h retour à la maison et les préparatifs des petits paquets pour les visites que nous ferons mercredi.
Pendant nos visites, Mihai, Stelian et Olivier ont entrepris d’installer l’eau courante mais pour cela il faut aller à Chisinau afin d'acheter le matériel.
Mercredi 3 octobre vers 9h30 Stela a soigneusement préparé notre itinéraire, Frances se joint à nous et c’est la première fois que nous ferons les visites ensemble en Moldova .
Deux de ses frères travaillent à l’étranger ce qui permet à la famille de vivre et de trouver à acheter le traitement médical de Ion. Un repas traditionnel nous attend (tomates, concombres, poisson en friture, fromage local bien souvent fait à la maison ainsi que le pain.
Le temps passe vite quand on se sent bien mais le moment est venu de quitter Ion pour prendre la direction de Hinceti .
Lorsqu'elle est venue en France en 2000 pour ses examens dans le service de cardiologie du Pr Leca, il s’est avéré qu’Alina n’était pas opérable. Ce fut terrible pour les parents et pour moi-même ; il s’agissait du premier enfant que j’accueillais en tant que famille d’accueil et que je devais renvoyer chez lui sans opération. C’est ainsi que j’ai appris les conséquences qu’un enfant affronte par des étapes de souffrance physique et c’est très important d’accompagner les parents d’un tel enfant.
La maman d’Alina nous accompagne pour visiter la famille Onip qui habite dans la même ville à quelque kms de chez eux.
Ecaterina a grandi, va à l’école mais ne fait aucun sport. Elle est dans l’attente d’une 2e opération. Il y a une année qu’elle habite Hinsiti ; avant elle habitait dans le nord de la Moldova. Nous restons peu de temps mais nous étions contents de l’avoir retrouvée (souvent quand les familles déménagent nous perdons leurs traces).
Nous reprenons le chemin de Chisinau proche de la capitale devant une station service. Nous avons rendez-vous avec Stas qui est le chef de la compagnie de transport qui fait tous les 15 jours Paris-Moldova. C’est à eux que nous confions nos sacs. Nous arrivons ensemble a notre rendez vous.
Merci à Stas qui nous propose un prix très raisonnable pour expédier notre matériel sur la Moldova. Nous discutons des possibilités de trouver un lieu pour stocker lors de leur venue en France. Si l’on trouve proche de l’association la société de Stas nous offre la possibilité de prendre 1 à 2 sacs tous les 15 jours !...
Nous sommes un peu en retard pour le rendez-vous chez la famille Melnic. Lorsque nous arrivons Arina fait sa timide. Elle est devenue une fillette de 10 ans, elle est toujours maigrichonne mais en bonne santé, son cœur est totalement guéri. Comme on aimerait que tous ces enfants aient la même chance qu’Arina ! Les parents travaillent et chaque année on voit leur appartement s’embellir. Ce sont des visites qui font du bien à notre âme et réjouissent notre cœur !
Comme à chaque visite Arina prépare avec sa maman des petits toasts faits avec amour et prépare elle-même les petits cadeaux dont elle me confie pour les donner à mes petits enfants (Emma a le même âge qu’Arina) ; C’est intéressant de constater les liens qui se nouent et malgré les 7 années passées il y a le même amour entre eux.
Il nous reste encore une visite pour cette journée du mercredi.
Olivier semble ne pas être fatigué par tant de visites, des routes et des chemins en mauvais état. Lorsque nous arrivons dans le village chez Mihaï et Stela , l’installation de l’eau est terminée Un simple tuyau d’arrosage est branché sur l’arrivée du compteur et amène l’eau jusqu’à la cuisine. Un trou dans le mur a permis de connecter le tuyau sur le robinet de l’évier et voilà l’eau arrive ! C’est mieux que de porter les seaux d’eau à la main.
Il faudra certainement tout désinstaller pour cet hiver, mais pour l’instant c’est génial. Stelian et Mihai nous ont préparé le repas du soir ; c’est vraiment plein d’affection toutes ces attentions à notre égard.
Ayant mangé un peu partout toute la journée nous n’avons pas vraiment faim et nous étions très fatigués. Il nous fallait une bonne nuit réparatrice pour retrouver nos forces pour la journée du jeudi où nous allions visiter les 5 familles qui nous restent.
Le jeudi 4 au matin nous avons préparé les derniers petits paquets pour les 5 visites Malheureusement nous n’avons pu joindre qu’une seule famille par téléphone. Pour les quatre autres il nous faut aller sur place et faire des recherches. En début d’après-midi nous laissons Mihai seul à la maison. Stelian se joint à nous car le soir nous sommes invités chez la famille Mahu et Stelian est heureux de les retrouver.
Nous avons rendez-vous avec Anatole devant une station service. Stelian monte dans sa voiture nous les suivons et nous voilà partis pour nos recherches.
Nous arrivons dans le village de Ingera . Après 20 minutes nous retrouvons la famille. C’était notre première visite. Lulian est décédé il y a 4 ans.
Elle a maintenant un petit garçon de 18 mois. Ils vivent toujours chez sa maman. Malheureusement son mari n’est pas très gentil avec la famille surtout quand il a bu .
Au moment de quitter cette famille nous pensions que puisque Lulian est mort nous n’avions plus à revenir chez eux. Mais ils ont insisté pour que nous revenions et que nous pensions à eux.
Nous reprenons la route pour nous diriger vers la capitale ; nous cherchons la famille Savenco ,Anatole, Stelian et Stela cherchent dans les immeubles. Ils se ressemblent tous et il n’y aucun de numéro .
Il semble que l’école soit terminée car les enfants courent un peu partout et les adultes vaquent à leurs occupations.
Il y a 3 ans que je n’ai pas vu Anastasia. Elle a grandit, son cœur se porte bien et sa maman s’occupe très bien d’elle.
Elle a eu une 2ème opération a Chisinau . Nous ne sommes pas invités à entrer chez eux, la maman nous explique que l’appartement est en désordre suite à leur déménagement. Ce sera plus facile la prochaine fois car nous avons leur téléphone et leur nouvelle adresse.
Nous roulons cherchons dans le même quartier où il y a de vieux immeubles. Tout semble en ruine. La nuit tombe.
Nous laissons Olivier avec sa voiture et stelian et nous les femmes nous allons avec Anatole. On finit par trouver le bon immeuble. On monte par un « ascenseur » où l’on retient sa respiration. Quand la porte s’ouvre il faut chercher à tâtons le mur où se trouve la ou les portes ? Quelques personnes ont une lampe de poche et peu à peu on se dirige. La cuisine commune est ouverte et ainsi on a l’information que l’on cherche. Stela trouve à tâtons la porte et sonne : un homme nous ouvre et nous informe que l’enfant que nous cherchons Catelin n’est pas encore rentré de l’école. Nous sommes invités à rentrer mais Stela préfère attendre en bas de l’immeuble. La chambre est si petite, l’odeur de toilette, de nourriture, de tabac nous prend à la gorge. Il est vrai qu’en bas de l’immeuble on respire un peu mieux.
Nous descendons et sur escaliers de l’immeuble Catelin arrive.
Il a peu grandi depuis 3 ans. Sa tante (20 ans !) s’occupe de lui. Ses parents sont en Italie pour y travailler et Catelin ne les a pas vus depuis 3 ans. Sa tante avait donc 17 ans quand on lui a confié l’enfant.
On peu lire une grande tristesse et de la souffrance sur son visage.
Pourtant il aime sa maman. Nous restons sur les escaliers pour échanger les nouvelles. Une nouvelle adresse, un nouveau téléphone une vie pour se jeune enfant Catelin sans ses parents.
Pendant que nous parlons ,Anatole va chercher sa voiture . Nous traversons des chemins de terre avec des trous. Souvent nous cherchons où peut-on trouver le chemin. Enfin nous retrouvons Olivier et Stelian et nous allons chez Anatole qui a un plan plus détailler de la ville pour notre dernière visite .
Nous laissons Olivier et Stelian chez Anatole et Ludmila .
Nous reprenons la route avec la voiture d’Anatole pour la visite chez Sergeil
Un enfant que j’ai raccompagné il y a 5 ans après son opération en France.
Un an après son retour de France je l’ai revu avec ses parents il allait bien mais avait perdu son sourire.
Nous trouvons l’immeuble où il habite un peu mieux mais sans lumière ni ascenseur. Au dernier étage (5ème) on trouve la porte mais pas le nom de famille . Quand la porte s’ouvre un beau et grand jeune homme se présente ! Le petit garçon que j’ai connu à beaucoup changé. Si sa santé s’est amélioré, malgré une infection O R L qui aurait infecté son cœur , sa vie familiale est détruite : son père a demandé le divorce pour se remarier et fonder une autre famille et ne veux plus entendre parler de lui (l’enfant malade ). Sa maman a pris la décision de partir en Italie pour gagner de l’argent afin de faire vivre son fils qui a été confié à sa sœur de 20 ans : il y a 3 ans que Sergeil n’a pas revu sa maman !
Espère-t-il quelque chose de notre visite
Il nous reste une famille que nous ne visiterons pas. Un drame est survenu juste après l’opération de Nina. Un complot que la pauvreté de cette famille a provoqué. Nous ne savons pas si l’enfant Nina vit encore. Nous savons seulement que sa grand-mère vit dans une peur constante et nous a imploré de ne plus la contacter ! Il y a des drames que nous avons du mal à comprendre et à réaliser l’impact de destruction d’une vie sans compassion sans amour mais ou la haine détruit tout sur son passage . La réalité de ces drames est tellement dramatique qu’elle est difficilement imaginable.
Il est déjà tard même trop tard je crois et il faut rentrer chez Mihai et Stela à Horesti car même si la nuit est là il faut penser à préparer les bagages pour demain vendredi.
Deux famille que nous avons eux seulement par téléphone. La maman de Victoria qui est décédée 3 années après son opération en France . Sa maman ne souhaite pas garder le contacte avec nous . Elle c’est remarier et désire ne pas revenir en arrière mais fonder une nouvelle famille .
Il nous reste une famille de Nina mais un drame s’est produit juste après l’opération de l’enfant et nous ne savons pas si cette petite fille vit encore !!
Et oui, c’est vendredi l’heure du départ ! A 8 h arrive Georges et sa fille qui travaillent au jardin d’enfants. Les enfants de la grande section et les institutrices nous ont composé un magnifique tableau en remerciement des vêtements et des lainages que nous avons offerts aux familles défavorisées.
Puis Georges invite Olivier, Frances et Stelian à visiter la serre de fleurs dont sa femme s’occupe. Elle a eu à plusieurs reprises des prix pour des expositions. On charge la voiture d’Olivier et Frances. ‘’Moi qui croyais repartir à vide ‘’ pensais Olivier mais Mihaï profite qu’il y ait une place de libre pour aller à Bucarest.
Vers 9h30 c’est le départ.. ; et stela et moi restons seules.
Je termine le rangement dans des grands sacs. J’en profite pour préparer 3 paquets pour Igor, Romina et Vald que nous avons visités en premier. Ils auront besoin de vêtements chauds pour cet hiver.
Stela et Anatole iront leur porter dans les semaines à venir.
Je laisse Stela avec le travail de suivre toutes ces familles que nous avons visitées.
Nous savons que c’est seulement avec l’aide de Dieu que nous pourrons mener à bien une entraide appropriée à chacun
C’est aussi avec l’aide de chacune des familles du Mécénat Chirurgie Cardiaque et les donateurs de notre association sans lesquelles nous ne pourrions rien entreprendre.
Sans le travail avec nos collaborateurs sur place pour assurer le suivi des enfants et de leurs familles.
Ainsi se termine notre voyage d’octobre 2007. Certainement le dernier de cette année.