Le vendredi 2 mai rendez-vous à 18 h à l’aéroport au comptoir d’enregistrement pour le départ de Chisinau !
C’est Sylvain qui me conduit avec sa voiture sans encombre à l’aéroport. Mon rendez-vous a trois quarts d’heure de retard mais pas de problèmes les bagages sont aussitôt enregistrés et je
me dirige pour l’embarquement. Comme d’habitude notre avion a un peu de retard mais tout va pour le mieux.
Nous décollons vers 20h30 et un petit tour à Londres où nous arrivons à la même heure que notre départ de Paris.
Ce qui est moins drôle c’est l’arrivée qui est prévue pour 2h30 du matin mais avec le retard c’est à 3h30 que nous arrivons.
Anatole et son fils Valentin m’attendent depuis 1 heure .
Nous arrivons chez eux. Un peu de sommeil car mon rendez vous de samedi est à 10h30. Heureusement au dernier
moment il est repoussé à 13h30, ouf ! Un peu de répit.
Vers midi une pluie battante tombe sur la ville; Les chaussées deviennent des ruisseaux et les routes principales de la ville ressemblent à une rivière entraînant tout sur son passage. C’est vers
14h que nous tentons de rouler sur les routes encombrées et boueuses.
Les retrouvailles chez Oxana et Andrei ont été chaleureuses .
A 20 h Anatole est venu me chercher et le retour était moins périlleux qu’à l’aller. L’eau s’était résorbée et il ne restait que les résidus sur la route. Cette soirée est pour la
famille Mahu. Etant donné , qu' Ana, leur fille, fait ses études à l’Université en France, personne n’est là pour la traduction. C’est ainsi que j’ai eu la surprise de constater que
toute la famille s’est mise à l’apprentissage de la langue française. Valentin l’étudie à l’école, Ludmilla la maman l'apprend seule.... Ainsi entre le français et le roumain
nous avons eu une superbe soirée en famille.
Avec Anatole et Ludmilla nous avons cherché dans les documents depuis 1997 pour retrouver les adresses des premiers enfants qui sont venus en France pour être opérer du coeur par
le professeur Leca à l’Hôpital Laennec.
C’est vers 23h 30 que la fatigue nous envahit ....
Dimanche matin 9 h un superbe soleil ! On voudrait croire qu’il brillera toute la journée. Vers 11h nous nous préparons pour aller dans le village d’Horesti avec Anatole et Ludmilla ou Stela
et Mihai nous attendent avec un repas dans leur nouvelle maison qui se trouve au centre du village. Même si la maison n’a que 2 pièces Stela et Mihai semble être heureux d’y demeurer malgré
le manque d’eau et du strict nécessaire pour y vivre.
Leur maison en haut de la colline était deux fois plus grande mais il y a un chemin de terre qui nous y conduit et lorsqu’il pleut le chemin est impratiquable.
Après le départ d’Anatole et de Ludmilla nous allons Stela et moi-même au dispensaire qui se trouve au centre du village où nous avons une pièce avec notre matériel arrivé, il y a une semaine par
l'intermédiaire de la Société Moldave de Stas.
Nous avons 10 sacs de 25 à 30 kgs et commençons la préparation des petits paquets.
Il nous faut 7 petits sacs , plus un grand sac de matériels au cas où nous rencontrions d’autres familles.
Chaque petit sac contient : une sacoche à dos pour enfant , des petites voitures, montres, peluches, livres, porte monnaie avec un coeur porte-clefs Tour Eiffel, calendrier Unicef, produit
d’hygiène, infusion, bonbons, chocolats, lainage tricoté en France, selon l’âge des enfants.
La nuit est déjà là lorsque nous terminons mais tout est prêt pour le lendemain matin.
Le lundi à 9h Anatole et Ludmila arrivent et nous allons au dispensaire charger la voiture et prenons la direction du nord.
1/ Première visite chez la famille STEGARESCU , enfant Mihai à Selisti ORHEI.
Il nous est impossible d’accéder au chemin de terre qui conduit à leur maison. Nous avons laissé la voiture à 400 m et terminer à pied tant bien que mal dans une boue très noire.
Mihaï nous attend. Il est si joyeux qu’il danse pour exprimer sa joie de nous voir. Il a toujours une tension crânienne importante.
Le dernier traitement est composé de 7 médicaments différents en une journée (difficile de savoir quel médicament car la plus par des notices sont rédigés en russe).
Depuis 6 mois il va au jardin d’enfants mais il a beaucoup de mal à s’adapter, ne pouvant pas parler, il ne peut communiquer avec les autres. La situation familiale n’a pas changé Mihaï n’a
aucune envie que l’on parte, la maman nous demande de ne pas les oublier.
2/ Famille COZAREVICI enfant Ilia à Mihailovca BALTI .
En 1 an ½ il a beaucoup changé, la dernière visite médicale (il y a 6 mois était satisfaisante). Il est suivi par un cardiologue du département ; n’a aucun traitement, les mauvaises dents
(toutes pourries et noirs ) sont tombées, les nouvelles sont saines espérons qu’il les gardera ainsi.
Ilia a beaucoup grandi, il va à l’école mais n’aime pas l’ambiance.
Son papa est revenu de Moscou. Ils ont fait des travaux, d’aménagement dans leur maison et ouvert un petit magasin « alimentaire » ce qui permet un petit apport pour vivre. Après notre visite
toute la famille est retournée au cimetière.
* Ce lundi 8 jours après Pâques c’est la fête des morts (j’ai appelé ce jour le pique nique au cimetière) chaque famille prépare un repas de fête et s’habille de manière endimanchée et toute la
famille se rend sur la tombe d’un de leur proche. Des tables en bois et des bancs sont installés et toute la journée on mange, boit et trinque en souvenir du disparu. Le pop (prêtre orthodoxe )
passe devant chaque tombe et partage un verre, mange et emporte son repas du soir et peut être de la semaine. Si la famille donne une somme d’argent le Pop fait une prière pour celui qui est sous
terre. Quand tout le monde a bien mangé et bu on laisse sur la table une part du repas pour un pauvre qui viendra quand le cimetière sera vide. On n’oublie pas de mettre sur la tombe une assiette
remplie de nourriture et un verre de vin pour le défunt qui viendra boire et manger durant la nuit. ( Quel joug sur les épaules de ce peuple !) Si durant cette journée nous ne trouvons pas une
famille il suffit de se rendre au cimetière et nous sommes certains de trouver un membre de la famille.
3/ Famille Cobatari (Damien) enfant Nichita à Balti.
Voilà une maman et ses deux enfants qui nous honorent de parler couramment le français.
Nichita 9 ans se porte bien. Sa dernière visite remonte à 6 mois.
Sa soeur qui a 7 ans est aussi une très bonne élève. Sa maman est prof de à l’université de la ville . Ils vivent avec la grand mère dans un logement social. Le papa a quitté la maison depuis 7
ans (sans doute est-il à l’étranger). Il a été déchu de ses droits parentaux il est recherché mais ne se trouve pas au pays.
Malgré les problèmes ils ont un ordinateur (vieux modèle) avec internet ce qui permet de garder le contact, ce que la famille souhaite vivement.
4/ Cobataru, enfant Valdisav 9 ans, à Balti petite soeur 2 ans
Valdisa (son coeur va bien) la maman nous dit qu’il n’a aucun problème mais nous constatons un handicap neurologique. (Je dirais autiste vu son comportement !) . Il va à l’école du quartier mais
ne s’adapte pas avec les autres enfants alors les parents font venir un instituteur à la maison. Le papa est au cimetière avec d’autres membres de la famille. La maman avec les deux enfants
ira les rejoindre quand la petite aura terminé sa sieste ! Ils ont une superbe maison moderne construite l’année dernière.
Le papa ne travaille pas et n’est jamais allé à l’étranger. Nous avons senti une maman qui cherche à cacher un brin de vérité !... nous ignorons le pourquoi mais c’est certainement une question
de confiance pour cela faudra du temps.
5/ Famille VIERU Enfant Juliana 9 ans à Frunduri Vechei BALTI .
N’ayant pas de téléphone nous ne pouvons prévenir la famille. Arrivé au chemin de terre qui conduit à leur maison nous constatons qu’il est impossible que la voiture puisse rouler dans un tel
chemin boueux.
Nous nous préparons à sortir de la voiture lorsque nous voyons arriver un groupe de personnes qui reviennent du cimetière et avec une grande joie nous reconnaissons Juliana et sa famille. Ils
sont toujours en habits du dimanche.
Juliana a perdu son sourire qu’elle avait il y a 2 années , sur son visage on remarque que la couleur de sa peau est violette. Elle a du mal à marcher aussi vite que les autres. La semaine qui
suit notre visite elle doit aller à l’hôpital pour un examen, menant vers une opération. Elle est dans le programme des chirurgiens d’Allemagne pour une valve biologique. L’opération est donc
prise en charge par ce programme. Mais les faux frais coûteront certainement assez cher. Le papa est donc parti travailler à Moscou de manière à subvenir aux besoins pour cette période
d’hospitalisation. La maman et Juliana laissent couler leurs larmes abondamment, elles s’en excusent mais c’est plus fort qu’elles. C’est l’émotion, « vous ne nous avez pas oublié ! »
Imaginez une partie du village est là tous plus beau les uns que les autres au milieu de flaques d’eau, de terre boueuse, une maman et sa fille versant des larmes d’émotion pour une française qui
est venue jusqu’à eux les encourager, leur offrir un petit cadeau et beaucoup d’amitié.
Notre correspondante Stela gardera le contact pour savoir quand aura lieu l’opération.
6/ Famille ELASCU - Dimitri 20 ans, Nadjeda 17 ans à GLODENI
Tous deux opérés en France, je ne les ai pas visités depuis 5 ans. Dimitri a besoin d’une 2e opération ; Nadjeda va bien, son coeur est comme neuf a dit le médecin lors de la dernière visite il y
a 6 mois.
Tous deux sont étudiants. Les parents travaillent. Ils ont agrandi la maison afin que chaque enfant ait sa chambre.
7/ Famille GORDILA enfant Victor à GLODENI
Si en octobre 2007 Victor avait disparu de la maison et même du village lors de notre visite, aujourd’hui sa maman le garde à la maison et nous pouvons donc lui parler. Il ne semble pas que
Victor aille à l’école et il n’aime pas se retrouver avec les autres enfants. Il a donc la responsabilité de faire paître un troupeau de chèvres (il part le matin au lever du Soleil pour ne
rentrer que vers 21/22h).
Cela lui plaît il se dit heureux. Son papa travaille à Moscou car le traitement médical est très lourd. Victor est très petit pour son âge et de ce fait il semble si fragile.
Les travaux de leur maison ne sont pas terminés. Certainement qu’ils attendent de l’argent du papa qui rentre 2 fois dans l’année. Une fois par an Victor va à l’hôpital et pour l’aider à avoir un
confort de vie avec un traitement qui l’aide (sauf quand il ni a pas d’argent pour acheter le traitement et même la nourriture et aussi lorsqu’il a des périodes où il ne peut se lever tout son
corps lui fait mal). Sa maman sait que si son fils n’est pas opérable il ne vivra pas très longtemps.
C’est la dernière visite pour ce lundi 12 mai. Nous reprenons le chemin du retour.
La nuit est déjà là lorsque nous arrivons à Horesti. Nous sommes tous les quatre très fatigués.
*De toutes les visites que nous avons faites, aucune ne nous a offert un «quelque chose à manger ou un verre d’eau à boire. "Pourtant le nord de la Moldova est plus riche que le sud.
Lorsque nous visitons les familles du sud chaque famille offre « un petit quelque chose à manger » même si la famille n’est pas prévenue (n’a pas le téléphone) en quelque secondes se pose sur la
table ce que l’on a dans le placard . Et toujours un verre d’eau dès que l’on arrive.
Les mentalités sont totalement différentes du nord au sud.
Donc nous étions fatigués et nous avions faim ! Quelle journée !....
Mardi matin nous retournons au dispensaire pour préparer 3 sacs pour l’après-midi où nous faisons des visites avec Anatole.
A 14 h nous partons en direction du Nord.
8/1 Famille APRODU , enfant Catelina 8 ans, à STRASENI
Elle est programmée pour une intervention à l’hôpital avec l’équipe de chirurgie venant d’Israël. Les parents ne savent pas quelle $opération aura Catelina ! L’enfant est très bleue, s’essouffle
très vite, aime aller à l’école mais c’est trop risqué, il y a une maîtresse qui vient à la maison. Le papa est revenu de Moscou avec l’argent. Ils ont pu rénover la maison, salle de bain, WC
cuisine chambre chauffage central, ce qui aide beaucoup le confort de vie de toute la famille. Nous attendons la convocation pour l’opération que les parents espèrent rapidement.
9/2 Famille ANTON, enfant Alina 14 ans à STRASENI
Alina est programmée avec les chirurgiens d’Allemagne pour le mois de juin. Elle recevra une valve biologique (humaine). Elle aime l’école, aide beaucoup sa maman à la maison, son frère 7 ans et
sa petite soeur 17 mois.
Le papa travaille avec une société Allemande qui fait la réparations de voitures d’occasion et revendu en Moldavie ce qui a permis de rénover la maison qui est maintenant confortable (chauffage
central, salle de bain, WC chambre) ils ont un jardin de la volaille ce qui les aide bien pour se nourrir.
10/3 Famille BRISAN , enfant Nicolae à STRASENI
Aujourd’hui c’est le contrôle de son examen médical quand nous téléphonons sur le portable ils sont dans le bus. Nous les attendons à la station service pour les voitures. C’est là qu’ils
descendront. Quelques minutes après le bus arrive. C’est un beau et fort jeune garçon qui descend avec sa maman toute fine. Son contrôle a eu lieu dans le département où il habite. Car Nicolae
n’a pas été opéré en France mais par l’intermédiaire d’un médecin Moldova
qui est actuellement en France. De ce fait il ne peut être admis à l’hôpital de la capitale sauf si j’en fais la demande auprès du service de cardiologie de l’hôpital Républicain.
Comme Nicolae va pour le mieux nous n’avons pas jugé utile d’entreprendre une telle démarche. Par contre son petit frère qui avait toujours mal coté coeur est allé au service de cardiologie à
Chisinau pour un contrôle. Rien n’a été trouvé coté coeur c’est bon.
Le papa est toujours à Moscou où il travaille pour terminer leur maison qu’ils construisent. En été et à Noël il vient rendre visite et apporte l’argent.
Nous avons un rendez vous sur la place du village de STRASENI avec un professeur de français qui correspond avec un professeur d’université d’Aix en Provence qui est en contact avec notre
association. Un jour il m’envoie l’adresse d’Olga et si je vais dans cette région me demande de la visiter.
Puisque nous faisons des visite dans cette région nous avons fixé un rendez vous qu’elle nous a donné sur la place au centre . En 15 minutes l’entrevue est terminée. C’était pour Olga une
curiosité de rencontrer une française en pleine action dans un pays si différent de la France.
Nous reprenons le chemin du retour, il fait encore jour quand nous arrivons à Horesti. Anatole nous donne rendez-vous pour demain mercredi en début d’après-midi.
Mercredi 7 mai au matin nous sommes au dispensaire pour préparer 5 petits sacs pour les visites de l’après-midi. Quelques mamans viennent au dispensaire nous rendre visite pour nous remercier des
vêtements reçus de France pour leurs enfants.
Anatole arrive vers 14h, on charge les sacs et nous voilà repartis en direction du Nord.
11/1 Famille PETRASCU enfant Maxim 24 ans à IALOVENI
Un des premiers enfants opérés en France en 96. Nous ne nous sommes pas vus depuis 10 ans et c’est la fête… de se retrouver et surtout de trouver Maxim marié avec un enfant, une petite fille
ravissante d’un an et demi.
Il va pour le mieux et chaque année il fait des examens médicaux à l’hôpital. Il a terminé ses études et s’est associé avec des amis pour créer à la capitale « un centre de soins médicaux et de
beauté spam » c’est nouveau pour le pays.
Maxim est kinésithérapeute et son épouse esthéticienne ce qui fait que tous deux travaillent dans le centre de soin.
Notre ami n’a pas oublié son français et son épouse elle aussi converse en français.
« Maxim avait toujours dit que la femme qu’il épouserait devrait parler français ».
12/2 Famille TUDOR enfant Mihaï ,village CRICOVA
Il est très timide, va bien ayant une maman docteur qui surveille. Il n’aime pas l’école mais est un très bon élève, fait du sport. Son papa est toujours ténor dans un groupe folklorique très
connu en Moldova. C’est une fête de se retrouver. Cela faisait 5 ans que nous nous ne nous étions pas vus.
Un repas somptueux nous attend.
13/3 Famille SOLTAN, enfant Vlad 6 ans
Nous ne l’avons pas vu depuis 3 ans. Sa maman infirmière s’occupe bien de Vlad qui est plein d’énergie. Il n’aime pas manger et c’est un véritable combat lors des repas.
Il aime l’école mais pas les devoirs.
Avec son frère il s’entend bien et ils sont complices pour faire des bêtises. Le papa est en Italie pour y travailler depuis 2 ans.
14/4 Famille Cojocaru , enfant David 7 ans (capitale).
Il est venu en France en avril 2008. Sa maman nous dit que son fils a eu une grande opération en France mais ignore quel genre . Nous avons des doutes sur cette « grande opération » puisque
l’enfant n’est resté que très peu de temps en France. David est superbe actif, fait du vélo, du foot et de la natation.
« Il est venu par l’intermédiaire d’un médecin moldave qui travaille en France. Le chef de service de cardiologie de l’hôpital a refusé de signer les documents pour le faire venir en France
».
Il vit entre son père qui habite une maison dans la même rue que sa maman qui vit avec ses parents dans une immense maison toute moderne.
Le grand père veut faire la fête avec de la musique pour danser et un grand repas !
15/5 Famille CHIRUTA, enfant Stanislav 8 ans à Chisinau
Cinq ans que nous ne l’avons pas visité. C’est un superbe garçon suivi très sérieusement par le cardiologue de l’hôpital. Stanislav va à l’école et est un très bon élève.
Il fait du sport (foot) à haut niveau.
Depuis 5 ans la maman travaille en Italie, actuellement a ses papiers en règle et vient deux fois dans l’année ainsi leur appartement est totalement rénové. Le papa est resté une année en Italie
et s’est fait expulsé pour une période d’interdiction de 5 ans dans l’Union Européenne.
Pendant cette année où le papa était en Italie, les deux garçons étaient à Moscou chez la grand-mère.
De retour en Moldova le papa a repris ses deux garçons dont il s’occupe. C’est un véritable plaisir de retrouver des enfants dont l’opération a totalement changé la vie pour un avenir
meilleur.
La nuit est déjà depuis longtemps arrivée lorsque nous quittons la famille Chiruta.
Il est plus de 22 h quand nous rentrons à Horesti chez Stela.
Jeudi matin vers 9h 30 nous avons rendez-vous avec le médecin chef du dispensaire, puis plusieurs mamans venues pour une visite médicale pour leurs enfants. Selon les besoins de l’enfant elles
sont envoyées vers la pièce où se trouve le stock du matériel de l’association pour y recevoir vêtements chaussures ect….
Stela prépare quelques vêtements qu’elle fait essayer à chaque enfant.
Il y a aussi des besoins urgents : enfant allant à l’hôpital sans vêtement pour s’y rendre ou un élève qui doit se présenter pour un examen ou un concours etc.…
Puis le médecin de famille m’invite à venir avec lui pour faire quelques visites dans des familles en grande détresse.
Nous empruntons un chemin de terre, comme la pluie est tombée la veille, imaginez l’état de ce chemin.
1)
Nous nous arrêtons devant une maison que j’aurais crue abandonnée s’il n’y avait eu deux chiens attachés par une courte chaîne.
Une partie des tuiles du toit tombent, les vitres sont remplacées par des cartons, un jardin non entretenu....
La situation est la suivante .
Un papa ( 50 ans ) travaille temporairement, élève seul ses deux filles de 17 et 20 ans.
Comme le papa n’est pas en bonne santé, que son travail n’est pas régulier et que ses deux filles lui donnent du souci, il boit et lorsqu’il est ivre devient violent. Ses filles n’ayant aucune
affection de leur père ont cherché un copain.
L’aînée Ecaterina a accouché le 15 avril a l’hôpital d’un petit garçon Danil.
De retour à la maison le médecin de famille et son assistante prennent la jeune maman en main.
Stela notre équipière est sollicitée pour des vêtements. On découvre un bébé de 2 kgs, enveloppé dans un
morceau de tissu, sans couche, sans vêtement.
Dans la pièce où nous rentrons il y a un « lit » d’une place ou est déposé le bébé, certainement que la jeune maman dort avec son bébé. Devant la fenêtre un « canapé » où dort probablement le jeune
papa.
Avec l’aide du médecin et du maire du village ils ont fait le nécessaire pour qu’ils se marient. Le papa du petit Daniel travaille à la société qui installe les lignes téléphoniques et gagne
environ 70 €uros par mois.
En accord avec le jeune couple, le médecin et son équipe nous avons établi une aide pour 6 mois.
Le grand père a reçu du médecin le matériel pour entretenir le jardin, des voisins ont donné des plants de pommes de terre, d’autres des haricots, carottes, choux tomates etc.…
Dans une partie de la cour un coin grillagé est réservé pour élever des poules. (2 poulets et quelques poussins y sont déjà).
Pendant les premiers mois chaque semaine l’assistante du médecin fera une visite pour enseigner l’hygiène de l’enfant, de la maison et vérifier si la maman mange normalement (elle allaite son
bébé).
Le médecin visitera régulièrement cette famille.
S’il ne respecte pas les accords qui ont été fait pour qu’ils puissent vivre normalement le bébé serait mis dans un orphelinat.
Pour l’instant le jeune couple veut vraiment vivre comme une famille et font tous leurs efforts pour être à la hauteur de ce qu’on leur demande. A suivre….
2)
L’autre famille : une maman de 4 enfants dont les 2 plus grands sont à l’orphelinat. Une petite fille de 2 ans (on lui en donne 1) et un bébé de 6 mois (qui est presque sans vie) vivent avec
elle.
La maman a la tuberculose et le sida. Il ni a pas de papa pour ses enfants, les 4 enfants ont un père différent.
Indescriptible leur maison et ce qui est autour.
Le médecin pense que le bébé ne vivra pas très longtemps (manque de soins, de nourriture).
La maman ne travaille pas et n’a donc aucun salaire.
Une petite aide de la mairie leur est accordée pour ses enfants.
Dans le jardin la maman a commencé les plantations. Quelques poules dans la cour.
Quand nous sommes allés leur rendre visite la maman n’était pas à la maison. De ce fait nous n’avons pu visiter l’intérieur de la maison.
L’association apporte une aide en vêtements pour les deux enfants. La mairie apporte une aide financière pour le bébé et l’enfant de 2 ans et le médecin une aide médicale avec un soutien
d’entraide pour l’alimentation et l’hygiène.
Ce soutien est aussi pour 6 mois après un bilan sera fait et l’on verra la suite à donner.
Le soir nous faisons quelques visites plus agréables où nous partageons le souper dans deux familles qui ont des responsabilités dans les bureaux de la mairie.
Vendredi, jour du départ, c’est le 9 mai , jour férié en Moldova. Chez nous c’est le 8 mai mais en raison des 2 heures de décalage pour eux c’est le 9 mai.
C’est Georges qui s’est proposé de m’accompagner à l’aéroport avec sa petite fille de 6 ans qui était ravie d’aller voir les avions.
Avant de partir l’on fait une visite aux deux serres où il y a toutes sortes de plantes de fleurs ; c’est la femme de Georges qui en a la responsabilité.
A 15 h nous roulons vers l’aéroport. Après avoir vécu tant d’évènement il est toujours difficile de nous séparer, Stela, Mihaï, Georges et sa petite fille sont là présent pour dire « bon voyage
»
« reviens nous vite » !...
A 18 h (une heure de retard) l’avion prend son envol.
Les familles, les enfants, les joies, les tristesses, les bonheurs, les malheurs sont partagés, les visages de chacun défilent dans mon coeur….
Que Dieu nous donne la sagesse pour aider, consoler, partager chaque évènement.
20 h l’avion atterrit à Roissy en si peu de temps je retrouve un autre monde.
Une autre adaptation !!!! et la vie continue **********************